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Martinique

Après plus de 10 heures de vol et un changement d'aéroport, nous atterrissons en fin d'après-midi à l'aéroport du Lamentin où nous attendent tout sourires Josiane et Guy. Nous venons de débarquer sur une île en grève...ce qui ne sera pas sans nous causer quelques soucis par la suite. Nous partons nous installer à notre appartement situé à Morne Poirier au rez-de-chaussée d'une maison appartenant à la famille Couta, des amis de Josiane et Guy. Au moment d'aller nous coucher, nous découvrons les joies de dormir à la campagne...notre sommeil sera accompagnés de nombreux bruits d'oiseaux et autres animaux. Chose à laquelle, je m'habituerai au bout de 2 ou 3 nuits.

Les jours suivants nous découvrons les joies des vacances dans un pays en grève! Les supermarchés sont fermés et quand ils ouvrent, on y trouve très peu de produits. Seules quelques épiceries ouvrent leurs portes quelques heures par jour seulement. Cependant, notre plus gros soucis est le manque d'essence. Les stations service n'étant pas livrées quotidiennement, des files interminables se forment les jours d'approvisionnement dans une vingtaine de stations sur les 120 que compte l'île. Et là, il faut s'armer de patience parce qu'on y passe la journée! Une fois que le plein est fait, nous pouvons partir à la découverte de l'île.

Les premiers jours , nous nous balladons le long de la côte en direction du nord et visitons les régions du Marigot, du Lorrain et de Basse-Pointe. Nous nous baignons dans l'océan Atlantique sur la plage de Cosmy à Trinité puis sur la plage de sable noir au Prêcheur. Les jours suivants, nous partons plus au sud et découvrons les régions du Robert, du François, du Saint-Esprit, de Rivière-Salée, du Marin, du Diamant, les Anses-d'Arlet et des Trois-Ilets. Nous passons une journée à Sainte-Anne, à la plage des Salines, côté mer des Caraïbes. Au fil de nos ballades, nous découvrons une île à la végétation très dense, aux fleurs multiples et divers fruits et légumes. Nous avons gôuté : les bananes, l'ananas, les prunes de cythères, les dachines, les mandarines, le fruit à pain, les maracujas, la goyave, la noix de coco et encore pleins d'autres. Nous sommes surpris de voir à quel point l'île est vallonnée; de nombreuses habitations se trouvent au fond d'un trou ou au contraire au sommet d'une pente très raide...vaut mieux ne pas oublier de mettre le frein à main!

La Martinique étant réputée pour son rhum, nous allons visiter la "Rhumerie Clément". Nous avons choisis celle-ci étant donné que c'est le rhum que nous buvons depuis notre arrivée. Cette propriété est formée d'un immense parc dans lequel on découvre une multitude d'arbres, de palmiers et de fleurs. L'ancienne rhumerie a été conservée et se visite aujourd'hui comme un musée grâce aux diverses explications sur l'utilisation des machines, la fabrication du rhum qui provient de la canne à sucre et l'histoire de la famille Clément. Une magnifique demeure et ses annexes datant de le la période de l'esclavage, encore aménagée et décorée comme à l'époque surplombe la propriété. Notre visite se termine bien evidemment par une dégustation de rhum (sans commentaires !!!).

L'autre nom de la Martinique est "l'île aux fleurs"...c'est pourquoi, nous décidons d'aller visiter le "Jardin de Balata". Il a été ouvert en 1986 par un horticulteur, Jean-Philippe Thoze. Il lui a fallu 20 ans pour regroupé les 195 espèces d'arbres et de fleurs tropicales qui constituent le jardin. Malheureusement, nous sommes surpris par un terrible orage qui heureusement ne durera pas plus de 15 minutes...mais qui nous privera du soleil pour la fin de notre ballade.

Nous passerons également une après-midi entière dans les arbres...au parc de loisir "Mangofil". Leur parcours dans les arbres est très bien pensé, on a passé un excellent moment!

Nous visitons et découvrons également l'histoire de la ville de Saint-Pierre. Saint-Pierre est située à 31kms au nord de Fort-de-France, au sud-ouest de la Montagne Pelée. Les premiers colons de Martinique s'installent à Saint-Pierre dès 1635 et de là, partent à la conquête du reste de l'île. Les derniers autochtones de Martinique refusant de se soumettre aux colonisateurs, se seraient suicidés en se jetant d'une falaise au nord de la ville, appelée depuis le Tombeau des Caraïbes. La ville se développe grâce à l'industrie sucrière et au commerce des esclaves. Le port de Saint-Pierre attire des navires et des marchands du monde entier. Surnommée le Petit Paris des Antilles, la ville était alors la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles. Dès 1900, Saint-Pierre (cas unique dans la région) possédait un équipement particulièrement moderne : un tramwy hippomobile, une chambre de commerce, un théâtre, un réseau d'éclairage urbain électrique, un réseau d'évacuation des eaux, un jardin botanique, un asile et un port plus qu'attractif. Cependant, le destin de cette ville va basculer le 8 mai 1902 suite à l'éruption* de la Monatgne Pelée. Une nuée ardente rase en quelques secondes toute la ville, faisant 26 000 morts et détruisant 40 navires dans le port. Seul un prisonnier, Cyparis**, protégé par les murs épais de sa cellule, put survivre à la catastrophe. La ville reste alors en cendres pendant plusieurs décennies avant d'être progressivement reconstruite. Actuellement classée Ville d'art et d'histoire, Saint-Pierre vit essentiellement du tourisme et de la plongée, le port offrant de nombreuses épaves de navires.

* L'éruption de la Montagne Pelée

Bien qu'elle soit considérée comme dormante, la montagne Pelée est entrée en éruption le 25 avril 1902. Au début du mois, des observateurs relèvent l'aspect inhabituel des vapeurs sulfureuses émises par des fumerolles près du sommet. Ces dernière ne sont pas tenues pour inquiétantes, étant donné que de telles observations ont déjà été faites par la passé et n'ont pas causés de dégâts.

Le 23 avril, le volcan émet une pluie légère de cendres sur ses côtés sud et ouest et des grondements souterrains.

 Le 25 avril, il émet un nuage de roches et de cendres à son sommet, sommet sur lequel on localise un bassin asséché (l'Etang Sec).

Le 26 avril, la région est recouverte par une couche de cendres indiquant l'imminence d'une éruption mais les autorités n'en tiennent pas compte et ne prennent aucunes mesures.

Le 27 avril, des individus trouvent au sommet du volcan l'Étang Sec rempli d'eau, formant un lac de 180m de largeur. Sur un des côtés du lac, un cône de débris volcaniques de 15m de haut alimente le lac par un jet régulier d'eau bouillante. Des sons provenant du sous-sol ainsi qu'une forte odeur de souffre envahissent la ville et se propagent à 10kms à la ronde.

Le 30 avril, les rivières gonflent et charrient des rochers et des arbres venant du sommet. Les villages du Prêcheur et de Sainte-Philomène sont arrosés régulièrement par des jets de cendres.

Le 2 mai, la montagne produit de fortes détonations, des tremblements de terre et un une grosse fumée noire. Des cendres recouvrent tout le nord de la Martinique. La cendre recouvre l'herbe et souille l'eau, la faim et la soif commencent à se faire ressentir.

Le 3 mai, le vent soufflant au nord, dégage la ville de Saint-Pierre de la fummée et fait disparaître les craintes.

Le dimanche 4 mai, les chutes de cendres recommancent de plus belle, les communications entre Saint-Pierre et Le Prêcheur sont coupées. Le nuage de cendre est si épais que les bâteaux renoncent à s'apporcher du port. Les habitants paniquent et commencent à fuir l'île. La région est recouvert par une couche de cendres blanches.

Le 5 mai au matin, la montagne semble calmée mais à 13h la mer recule de 100 mètres puis revient sous forme d'un raz-de-marée, inondant les quartiers bas de la ville et un nuage de fumée se forme à l'ouest de la montagne. Une paroi du cratère de l'Étang Sec s'effondre et propulse une masse d'eau bouillante et de boue dans la rivière Blanche, emprtant sur son passage l'usine de cannes à sucre Guérin et faisant 150 victimes.

Les jours suivants, la population continuent de quitter l'île. Les journaux, eux, continuent à dire que la ville ne craint rien mais peu sont rassurés.

Le 8 mai, les habitants observent des incandescences au sommet du volcan. L'opérateur du télégraphe de nuit transmet le rapport sur l'activité du volcan à un opérateur de Fort-de-France, sans déclarer de nouveaux développements. La seconde d'après, la ligne est coupée. Un nuage noir formé au-dessus du volcan. Un second nuage noir est visible à plus de 100km. La vitesse initiale des deux nuages a été calculée plus tard à 670 km/h. Une coulée composée de poussières, de vapeurs et de gaz volcaniques surchauffés (avec des températures de l'ordre de 1000°C) dévale les pentes du volcan à une vitesse folle. D'apsect noire et lourde elle est rouge et brûlante à l'intérieur. Elle atteint la ville en une minute, toute la ville s'enflamme. Pendant des heures, les communications terrestre ou maritime sont coupées. Un premier navire de guerre arrive à 12 h 30, mais la chaleur l'empêche de s'approcher avant 15 h. Une superficie de 16km2 a été dévastée et le reste de la ville brûlera pendant plusieurs jours. Malheureusement, il y eu très peu de survivants sur les 26'000 habitants que comptait Saint-Pierre. Le seul ayant survécu et se trouvant dans la ville au moment de la coulée est Louis-Auguste Cyparis.

Au moment de la coulée, Cyparis, 27 ans, était enfermé seul dans une cellule en pierre de la prison pour avoir participé à une bagarre sous l'emprise de l'alcool. C'est seulement 4 jours après le drame qu'une équipe de secours entendit ses cris et le délivra. Bien qu'il soit terriblement brûlés, il survécut et pu raconter son calvaire. Il rejoingnit le cirque "Barnum", racontant son expérience et devint célèbre jusqu'au jour ou il ne fit plus recette et fir abandonnés à son sort au Panama.

La montagne Pelée continua son éruption jusqu'au 4 juillet 1905.

Les conséquences sur la vie sociale, politique et économique de la Martinique furent considérables. Saint-Pierre fût remplacer par Fort-de-France comme ville principale de la Martinique. De nombreux enfants se retrouvèrent orphelins, d'où la création de l'orphelinat de l'Espérance à Fort-de-France.

Période : février - mars 2009

Hôtel : Nous avons séjournés dans un gîte, tenu par une famille adorable qui est toujours de bons conseils. Vous trouverez toutes les informations à ce sujet sur notre forum ainsi que sur le site suivant http://sites.google.com/site/martiniquegite.

Bonnes adresses : Pour tous les amateurs de rhums, rendez-vous directement dans les rhumeries pour faire vos achats, les prix sont plus avantageux. On vous recommande également de faire une pause déjeuner dans les restaurants "Le Bambou" à Morne-Rouge ou encore au "Floup Floup" à Grand-Rivière. Et pour vos souvenirs, allez vous ballader à Trois-Ilets, une multitudes de boutiques en tout genre vous attendent.

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